Auteur Sujet: Sun, Mystra...etcetera !  (Lu 1128 fois)

Sun

  • Passeur
  • Meulou
  • ***
  • Messages: 334
    • Voir le profil
Sun, Mystra...etcetera !
« le: 12 Septange 643, 20:18:08 »
[HRP]Voici l'histoire de Sun qui débute par ma candidature pour rejoindre le défunt Ordre des Chevaliers de Mystra. Si j'ai le courage de rédiger la suite elle poursuivra sur la vie dans l'Ordre, la chute et la création des Passeurs et sera ponctuée de nombreux flashback sur le BG de Sun (qui est bien trop long pour être rédigé d'une traite :P). J'espère que vous apprécierez ! :)[/HRP]

Dans les lointaines Landes de Sidimote, non loin du village enclavé de Gisgoul, alors que la pénombre avait pris possession des moindres parcelles de terre, un grondement faisait trembler le sol. Les Bworks, créatures monstrueuses aux muscles saillants et à la gueule déformée par la haine et la violence, avançaient tout droit sur le village à grands coups de bonds feutrés. Ils étaient menés par celui qui semblait être leur « chef », un mastodonte, une véritable montagne de muscles à la peau verdâtre, qui était mue par l’envie de tuer et de détruire. Les arbres, encore nombreux à cette époque lointaine, couvraient leur avancée massive mais s’arrêtaient tous à une demi-douzaine de pieds de la barricade de Gisgoul. Le chef des créatures s’arrêta à la lisière du bois et leva la main, donnant ordre à tous les autres de cesser toute activité. Il observa, durant 2 heures, les allers et venues en haut de la barricade puis enfin, comme sortant de sa transe prolongée, fît signe aux archers de se mettre en place. Une douzaine de Bworks à la peau ivoire rompirent les rangs et firent trois pas en avant. Encochant leurs flèches noires comme l’ébène, ils visèrent. Pendant 2 minutes, on n’entendit d’autre bruit que le craquement des arcs, puis comme animés par la même volonté, les archers décochèrent leurs flèches simultanément. Elles sifflèrent un instant dans le vent avant de tuer les 6 gardes discernables en haut de la barricade. Les monstres chargèrent alors à l’unisson, hurlants d’une seule voix alors que la cloche de Gisgoul sonnait, secouée en tout sens par un villageois blessé et affolé…


Sun se réveilla en sursautant. C’était toujours les mêmes rêves qui hantaient ses nuits… Toujours les mêmes cauchemars qui le réveillaient au milieu de son sommeil tourmenté. Il se leva, glissant du lit aussi légèrement qu’une plume de tofu, puis se dirigea vers la fenêtre. C’était le beau milieu de la nuit, la pâle clarté de la lune blanchissait son visage.

« Tu viens te coucher mon chéri ? »

Nelieru, sa nouvelle compagne, le regardait d’un œil aimant mais inquiet. Néanmoins, il continua de fixer la fenêtre quelques instants avant de s’en aller la rejoindre et de se blottir contre elle. La chaleur émanent du corps de la Sacrieuse n’arrivait pas à atteindre son corps, il se sentait glacé par un froid mordant qui venait de l’intérieur. Pendant de longues heures il regarda le balancier de l’horloge s’agiter harmonieusement, produisant un tic-tac d’abord envoûtant, puis hypnotique, jusqu’à devenir hypnagogique…


…La bataille faisait rage. Les monstres avaient enfoncé la grande porte sans aucune difficulté lors de l’assaut. Les troupes semblaient très bien organisées, les archers Bworks se tenaient postés à l’entrée du village, désormais sous possession des créatures ; l’infanterie, dirigée par l’impressionnant chef et composée de deux douzaines d’unités, avançait rapidement sur le village, défendu par des hommes affolés et terrorisés, réveillés dans leur sommeil. Néanmoins, au milieu de ce champ de bataille improvisé, certains des meilleurs combattants du village défendaient vaillamment leurs compagnons, femmes et enfants. Parmi eux, une femme, une magicienne maîtresse dans l’art du maniement de bâton semblait se défaire de ses adversaires sans difficulté, trois cadavres puants trônant à ses pieds. Un adversaire se présenta à elle, il mesurait bien 7 pieds de haut et 3 de large, portait un casque à corne de mauvaise facture et maniait l’épée courte ainsi qu’un petit bouclier de bois ; il avait pour tout vêtement une sorte de pagne en peau d’ours et des bottes en cuir trouées. Le Bwork se jeta sur elle, hurlant, l’épée en avant. Elle psalmodia alors quelques mots dans une langue obscure et oubliée, puis, sans que la créature n’ait le temps de comprendre quoi que ce soit, son épée ricocha sur une sorte de bouclier invisible et entrainé par la force de sa charge, il alla mordre la poussière, désarmé. Il fût d’abord étonné, voire même sonné, regardant son épée au sol mais alors un bruit rauque dégoulina de sa gorge puante : il riait. Il se redressa de tout son haut, ricanant toujours puis il jeta son bouclier à terre et dit :

« T va mourrire espesse d sal #?!#* » [* : Censuré pour le bien de nos jeunes spectateurs]

Il se jeta alors sur la jeune femme, son casque à pointe en avant, elle l’esquiva de côté et lui mis un violent coup de bâton sur l’arrière du crâne, l’envoyant à terre. Il lui attrapa alors la jambe et la fît tomber à son tour avant de lui mettre un violent coup, à mains nues, sur le visage. La magicienne, ayant perdue son arme lors de sa chute, semblait perdue, elle avait oublié toutes les formules qu’elle connaissait. La bête récupéra alors son épée et la leva bien haut, hurlant de toutes ses forces puis… elle tomba de côté, abattu par une dague qui lui avait traversé le cou. La disciple de Feca découvrit alors le visage de son mari qui lui hurlait quelque chose qu’elle ne comprenait pas, sonnée par les coups qu’elle avait subi. Il hurla encore, cette fois-ci elle comprit qu’il lui parlait de leur fils, oui, leur fils était en danger, elle se devait d’aller le sauver. Elle réussit à se relever péniblement et se dirigea aussi vite que possible vers sa maison pendant que son mari était aux prises avec un nombre de créatures impressionnant, le nombre de villageois encore en vie étant des plus faibles. Elle savait qu’ils ne survivraient pas, elle ne comprenait pas pourquoi tout ça leur arrivait à eux… Pourquoi ? Pas le temps de se poser ce genre de question, un Bwork était devant sa maison, prêt à y mettre le feu. Il ne l’avait pas vu, elle entama alors une longue incantation qui eût pour effet de faire tomber la foudre sur son opposant qui lâcha la torche au pied de la maison, y mettant le feu. Elle se dépêcha alors d’y pénétrer et de monter à l’étage où elle découvrit son fils, qui n’était encore qu’un petit bébé enveloppé dans une couverture tissée en laine de bouftou bien chaude. Elle le prit dans ses bras sans attendre puis fit volte-face et manqua de le lâcher quand elle découvrit un démon face à elle.

« Toi ? Ici ? Pourquoi ?
- Oh mais tu connais sans doute la réponse Eowenn.
- Je ne suis plus cette femme Hyrkul le Tendancieux.
- Tu l’as toujours été et tu le seras toujours… Quoi que, ton histoire s’arrête ici, tu mourras dans cette maison pitoyable si tu ne veux pas te joindre à moi. »

Elle s’agenouille et amorce une nouvelle incantation, faisant sourire le démon.

« Tu es puissante, certes, mais tu ne viendras jamais à bouts de mes forces avec ta pathétique magie blanche. Oublie la et redeviens mienne, à mes côtés et avec l’aide de la magie noire, tu pourras accomplir de grandes choses. Ensemble nous reconstruirons ce village en l’honneur de Djaul… »

Elle acheva alors son incantation, le coupant dans sa tirade et détruisant le toit de la maison au moyen d’une fantastique boule d’énergie pure par la même occasion.

« Qu’as-tu fait ?! Où est l’enfant ?
-   J’ai changé. »

Puis, sur ces paroles pleines de sens, elle s’effondra, laissant Hyrkul ruminer sa colère et raser le désormais tristement célèbre village de Gisgoul...



Sun se réveilla encore une fois en sursaut mais cette fois-ci, il tomba du lit. Nelieru, réveillée par toute cette agitation, ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire cristallin lorsqu’elle aperçut Sun cloué au sol, les quatre pattes en l’air. Elle n’eut temps de dire mot que Sun avait déjà disparut.

« Lui et ses mauvaises habitudes… Il ne changera donc jamais. »

Au vue de la situation quelque peu embarrassante, Sun avait décidé de se téléporter non loin de là, dans un petit bosquet tranquille, à quelques lieues d’Astrub. Il s’était abrité du soleil, encore pâle à cette heure matinale, sous un châtaigner majestueux dont les feuilles allaient du vert vif au jaune décoloré. Ses pensées vagabondaient :

« Pourquoi ? Pourquoi ce maudit rêve hante-t-il toujours mes nuits ? Bien que j’en connaisse désormais la signification, il me laisse toujours perplexe et quelque peu perdu… Je pensais, peut-être bêtement, qu’une fois que j’aurai découvert mes origines, ce rêve disparaîtrait de mes pensées et de mon sommeil. Je pensais qu’il n’était là que pour m’aider à enquêter… Je me trompais. Il ne reste plus qu’une solution qui s’offre à moi. J’espère que Fecaflip ne m’en voudra pas, j’ai vraiment besoin de l’aide de cette Mystra, la Treizième Déesse, maîtresse des Mystères et du Sommeil dont Kalywenn et Eowyn me font sans cesse les louanges. Je suis prêt, prêt à lui vouer un culte sans faille, prêt à la prier chaque soir, prêt à lui faire des offrandes au fameux Bosquet de Saoriandra. »

Il s’installa confortablement entre les racines du feuillu, sortit un parchemin d’ivoire, une des rares plumes du dernier Poolay ainsi qu’un encrier à demi rempli du si prisé encre du Kralamoure Géant et s’attela à la rédaction d’une candidature. Cette candidature était destinée à l’Ordre, le fameux Ordre des Chevaliers de Mystra, une institution ancienne constituée d’êtres de tous horizons vouant un culte à la Treizième. Sun resta assis là, pendant bien des heures, entouré de tofus curieux et de feuilles mortes, à écrire la candidature la plus longue et la plus inspirée de toute sa vie...